l’échec ?

Vendredi 14 Décembre 2018
Réessayer ce que l’on savait faire avant, et cette fois, mal s’y prendre. Se sentir orageux.se, l’âme alourdie de dilemmes. Quels sont tous ces échecs présumés qui nous chargent de plomb ?... Ces formes indéfinies (en fait) qui nous chagrinent par leur inachevé, leur imperfection, leur incertitude, ou bien simplement leur ouverture... Ces formes au sein desquelles on ne trouve ni refuge, ni réconfort, ni repos, ni abandon. Ces formes à jamais indéfinies de notre vie.
Peut-être le sont-elles, “indéfinies”, car mixées d’ombre(s) et de Lumière(s) ? Dans l’entre-deux insaisissable de chien et loup ; dans l’interstice indescriptible de “ce qui n’existe pas” ; en pleine brèche du milieu—sans émergence restructurante encore. Dans l’absence chronique de perception stable et pérenne (ne serait-ce que l’espace d’une milliseconde). Dans le cerveau, une gigantesque compétition neuronale cherchant vainement sa résolution—en amont de toute radicale et soudaine synchronie longue distance donnant le diapason.
Non, la synchronie n’est pas—pas jusqu’au bout de sa résolution. L’Amour est incomplet en sa quête de sentiments plus purs, plus francs, plus saillants, plus brillants. Quelque chose du mélange continue de tourbillonner dans l’irrésolution... le tourment, l’insatisfaction... dans l’inachèvement, l’incomplétude du plus grand. On ne s’est pas “touché” soi jusqu’au bout ! On n’est pas parvenu à la Source... de soi !... et de ses ultimes recours ! On ne s’est pas rafraîchi jusqu’à sa vraie Naissance : on n’a pas perçu le vrai pourquoi. Quelque chose du système (karmique) s’est coincé en amont de cela, et nous a laissé là, tout stupide, en cours de chemin. Je me sens stupide...
Est-ce bien grave ? N’est-ce pas plutôt commun ? Passe-t-on par contre à côté de “cela” trop vite souvent ? L’intelligence est faite de pénétration. La stupidité, de superficialité... et de peur, fréquemment.
Le chaos qui s’installe ; et la transcendance qui ne tranche pas—via la synchronisation longue distance des assemblées neuronales... cela s’appelle le doute ! Je transpire par le doute... Est-ce pour autant le symptôme de l’échec ? Les portes se sont-elles définitivement verrouillées ? Apparemment closes, que me signifient-elles réellement, en alimentant ainsi mon doute ? Suis-je en plein mirage de fermeture ? Suffirait-il lentement de les pousser pour qu’une à une, elles se réduisent à poussière ? L’échec—son sentiment, ne seraient-ils qu’une construction mentale de plus dans la zone délabrée de nos conjurations ? La peur fabrique son sujet, son point d’appui, sa justification. Je m’essouffle...
Pourquoi ce qui a vocation à pousser droit se tient-il si tordu ? Parce que la Source n’est pas rendue lisible... et au corps—à la sentience, et à l’esprit—à la conscience. Parce que la graine qu’on est n’est pas suffisamment profondément plantée—nourrie, abreuvée. On pompe souvent à la surface—là où tout “remonte” dans la confusion et la saleté. On ne se laisse pas visiter plus à l’intérieur des enveloppes et des gaines, là où le Nectar protégé coule d’abondance ; là où la Nature spontanément se sent “à l’équilibre”—ensoleillée et hydratée, en soin pour elle-même.
Plus enfoui encore le secret. Plus recluse encore la solution.
En attendant la décharge finale—la jouissance de l’autre rive, laisser venir la Profondeur... peut-être sans plus “la creuser” ? Tout un art. Une voie d’humanité—sans amitié, ni hostilité ?... Sans...
Dans le champ de la vie, bouger “sans”... Tout en se dégageant progressivement de soi—de l’idée vieille et usée que l’on en a : notre seule “grande prison”. J’ai l’idée d’être en échec ; et, de ce fait, je m’y maintiens illusoirement et factuellement. Alors maintenant, je fais “sans”... penser ou sentir, vouloir ou désirer. Je me déserte moi-même—dans mon espace courant, pour n’en investir aucun autre. Je n’ai plus d’idée de moi-même... et c’est bien.
L’échec—que d’autres diront, ne m’appartient plus. Il est juste l’entre-deux de ma route—de moi à Moi. Les plans karmiques ne nous révèlent jamais rien des véritables raisons de notre incarnation. Ils se taisent. Alors, je dois me taire aussi...

akmi, 14 déc. ‘18 - 15h22

Coupe-vitrail.

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