tout achever... sans fin(alité)


Dimanche 6 Mai 2018
Il est des mystères qui ne se découvrent qu'en les parcourant... . Il est aussi des mystères qui demeurent à jamais des mystères. ... . Car c'est la solitude souvent qui lève le voile sur eux. Or faut-il la souhaiter à quiconque ?.. ..
On a tellement “zoomé”, qu’on ne voit plus, ne perçoit plus... ce qui doit progressivement se ré-intégrer comme une latence en nous, comme une présence qui n’a sans doute pas encore tout donné, tout livré. L’Arbre va dormir sur ses deux oreilles et fermer les yeux un temps.
L’Arbre, je l’ai toujours dit, c’est comme un mandala de formes, de couleurs, et d’efforts pour l’humain. A contempler le temps de sa conception—graphique, plastique et littéraire, de sa réalisation—numérique ou papier, de sa lecture ou relecture dans la compréhension de l’autre, de son argumentation en réponse aux questions et aux critiques. ... A contempler, comme un mandala, avant extinction. Ce n’est qu’une représentation. Relative et temporaire ; (trans)mutable et éphémère. Surtout ne vous y méprenez pas : l’Arbre n’existe que par ce qu’il vit de vous, en vous, avec vous. L’Arbre, c’est vous... puisque vous êtes la vie !
L’Arbre, en sa structure récurrente, a procédé par poésie : par “rêve éveillé” constant. Je ne me suis pas (r)éveillée ; je demeure profondément sous-marine à mon monde... perméable à lui que je suis, sans être tout à fait bien moi-même “ce que je porte” aussi. C’est là où les formes souvent ne traduisent pas... ce qu’il y a de plus sous-jacent en nous et que consciemment on ne connaît pas. Ma vie doit être toute autre que ce que je dis ; mais si je continue d’exposer ce que je dis, c’est que “je le vis” aussi. C’est alors qu’il ne faut pas tout réduire à un unique plan... de l’oeuvre ou de nous-mêmes.
L’Arbre, ce fut d’abord un conte méta-philo-psychique (partie I), une rationalité sensible et structurée (partie II), une sorte de “foi” reconnue et donnée (partie III), une inspiration psychanalytique de fond—baignée dans l'Amour (partie IV), précédant une libération dans le champ de “ce qui est” pour nous, juste pour nous—à l’échelle de nous (partie V), avant, enfin, une improvisation à tête chercheuse au fil de la structuration de l’écrit (partie VI).
L’Arbre n’est pas véritablement “pratique”. Il est, pour ce qui me concerne, un palier de reconfiguration de l’inconscient collectif, une proposition de remise à plat de l’architecture mentale courante dans le “penser” et le “faire monde” occidentaux actuels. A la croisée des civilisations (et de leurs auteurs), les mêlant toutes et tous, l’Arbre s’affranchit de toutes et tous aussi—car en son noyau ultime ne demeure que la Quadris’k’elle (que je n’identifie nulle part ailleurs entant que telle).
L’Arbre tire sa révérence, et c’est bien. Oubliez-le. Mais, des fois, peut-être, comme à moi, il apparaîtra et vous rassurera. Il vous livrera quelque confiance sur le “pourquoi de nous”—par amorisation croissante au sein des polarités, et vous confortera sur le “comment de nous” pour vivre plus juste (et “heureux”)—par synchronisation progressive de nos intra et inter-relations. “Intégrer” reste un maître mot pour l’Arbre : “lier” sans trop serrer, “joindre” sans totalement fusionner ; laisser “être” l’un—individué, mais co-dépendant du Tout et co-créateur de ses parties. Ce qui nous reste de labeur à nous : les parties du Tout.
Ici, je remercie tous ceux qui m’ont accompagnée dans “ma partie” du Tout : depuis sa primo-émergence jusqu’à l’épreuve en cours. En cette toute fin du 20è siècle, le Cicv Pierre Schaeffer, Pierre Lévy, Francisco Varela, Xavier Sallantin, Jean Decety,... puis la vie, les miens ; et plus tard, d’autres expériences : celle de l’IPHT, et de la très petite communauté Facebook du Complexe de l’Arbre.
Nous sommes en 2018 : l’Arbre fête donc ses 18 bougies. Il est temps que ses fruits tombent. Avant que tout ne retourne à la poussière—même ses fruits, et ne s’évanouisse dans l’être vide de formes, le corps de seule présence. ... Je nous souhaite à tous “l’être-corps” sans fin, ni finalité.

akmi, 6 mai ‘18 - 5h36

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